Le Conseil économique, social et environnemental a tenu une réunion le mercredi 11 mars 2026 consacrée à la présentation des conclusions de son avis intitulé “Pertes et gaspillage alimentaires au Maroc: ampleur du phénomène et enjeux pour une intervention efficace”, et a publié à cette occasion une déclaration comprenant un ensemble de recommandations.
Dans la perspective de l’élaboration d’une stratégie nationale pour des systèmes alimentaires durables, le Conseil économique, social et environnemental propose l’élaboration d’un plan d’action ciblé pour la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires, susceptible d’être ultérieurement intégré à cette stratégie. Dans ce sens, un ensemble de recommandations ont été formulées, à savoir élaborer une loi anti-gaspillage et pertes alimentaires, clarifier et harmoniser les dates de péremption, en distinguant “à consommer jusqu’au” (sécurité) et “à consommer de préférence avant” (qualité), tout en permettant, lorsque cela est possible, de prolonger la durée de vie des produits ou de supprimer certaines dates jugées inutiles.
Il s’agit aussi de mettre en place un mécanisme de gouvernance fédérant les ministères, le secteur privé et la société civile, afin de coordonner les actions et assurer la cohérence des interventions de lutte contre les PGA à tous les niveaux, de créer un observatoire national des PGA chargé de centraliser les données, produire des indicateurs et analyses stratégiques et proposer des mesures correctives adaptées aux réalités locales.
Le CESE recommande aussi de développer des infrastructures adaptées de stockage et de transport dans les zones à fort potentiel agricole, notamment des silos hermétiques et des chambres froides solaires, pour prolonger la durée de vie des produits périssables, et d’installer, à l’échelle communale, des unités de transformation de proximité, y compris des mini-unités mobiles pour traiter rapidement les récoltes et valoriser localement les produits périssables, en plus de favoriser les circuits courts et renforcer la régulation des marchés dans l’optique de réduire le nombre d’intermédiaires, limiter les pertes liées au transport et à la logistique et améliorer la rémunération des producteurs.
Il s’agit également d’inciter et de soutenir les entreprises à intégrer des pratiques de recyclage et de réutilisation dans leurs processus de production et de distribution, d’encourager les entreprises intervenant à différents maillons de la chaîne alimentaire à effectuer des dons en nature, portant sur leurs surplus ou sur des produits exposés au risque de perte ou de gaspillage.
Dans le cadre des incitations fiscales en vigueur, le Conseil recommande développer des applications numériques dédiées à la gestion des stocks, à la traçabilité des produits et à la redistribution rapide des invendus, notamment au profit des réseaux de solidarité et d’action caritative, et de soutenir les solutions citoyennes anti gaspillage, telles que les frigos solidaires et les applications de dons alimentaires, pour renforcer les actions locales à fort impact social.










